Fasche

Il est possible que l'un des ancêtres patronymiques de Nicolas FASCHE venait d'un autre lieu que Méneslies et que ses nouveaux voisins le désignent alors, lui et les siens, par son lieu d'origine : monsieur de Fasche, les de Fasche.

Cela s'est très souvent produit, l'esprit de clocher ne datant pas d'aujourd'hui, l'on continue longtemps, partout, à se souvenir de l'origine étrangère des gens. Le patronyme du nouvel arrivant paraît-il trop bizarre aux gens du patelin, voilà une raison de plus pour lui attribuer un surnom de remplacement! D'où, même, les familles PICARD, NORMAND, LALLEMAND, LANGLOIS, etc. etc.

C'est pourquoi, nous pouvons faire l'hypothèse que la lignée patronymique pourrait être originaire d'un lieu comportant ce nom de FASCHE - peu importe l'orthographe, avec ou sans "S" médian ou final. De tels lieux semblent rares. Nous avons retrouvé, dans l'ancienne grande Picardie et tous deux dans le département du Nord (59) : la nécropole gallo-romaine du Haut-Empire de la Fache des Près Aulnoys à l'est de Bavay, ainsi que Faches-Thumesnil, en périphérie sud de Lille.

Cet emploi, comme patronyme, du nom de lieu étranger fut sans doute le cas aussi, par exemple, des ancêtres de nos (de) LALONDE et de nos QUEVILLON : une forêt à l'ouest de Rouen est dite « de LA LONDE » et plusieurs lieux de cette région sont désignés par CUVILLON, QUEVILLON,... or notre ancêtre (de) LALONDE se dit originaire de Le Havre, archevêché de Rouen, Normandie (Seine-Maritime 76), notre ancêtre QUÉVILLON ou COUVILLON se dit originaire de St-Ouen-le-Mauger, archevêché de Rouen, Normandie (Seine-Maritime 76). - Ils sont très nombreux les patronymes désignant une origine géographique d'un lointain ancêtre.

Un patronyme devenu « fâcheux »

À noter que, lorsque l'usage des accents apparaîtra, FASCHE pourra s'écrire FÂCHE, sans altérer la prononciation. - Quoi qu'il en soit, ce patronyme, dont l'origine et la signification s'est perdue, sera écrit et prononcé de différentes façons, surtout en Nouvelle-France, où se cotoyaient partout des gens venant des différents pays de France.

Cette méconnaissance et ces déformations furent à ce point fâcheuses que, nous le verrons, la famille décidera de substituer au patronyme le prénom du père : les enfants de Robert FÂCHE, fils de Nicolas FASCHE et petit-fils de Jean FASCHE, seront des ROBERT FÂCHE et leurs descendants (FÂCHE dit ROBERT, ROBERT dit FÂCHE) deviendront tôt des ROBERT tout court. En quelques générations, le nom de FÂCHE sera ainsi tout à fait oublié.

Il est courant que le prénom du père soit alors plus populaire ou plus facile à retenir, et supplante le patronyme. D'ailleurs, à l'époque, personne n'a de permission à demander pour changer de nom ou de prénom, ni pour porter fièrement un surnom, nouveau ou patrimonial, qui pourrait même un jour suffire et remplacer le patronyme. Pour toutes sortes de raisons, de tout temps, plusieurs patronymes sont des prénoms courants ou anciens : ainsi les ALBERT, ANCTIL, AUBERT, GAUTHIER, HÉBERT, etc. etc.

Faches et Thumesnil

Parlant de l'histoire de Faches-Thumesnil le site de cette ville dit notamment
(les mises en évidence sont de nous) :

Faches et Thumesnil font partie administrativement de la même commune, mais sont historiquement deux entités distinctes.

C'est sur le plateau du Mélantois que s'est implanté le village de Faches, et son hameau Thumesnil, très nettement séparés jadis par plus d'un kilomètre de terres ou de champs.

C'est en 1104 dans l'acte de donation de l'autel de Sainte Marguerite par le Chanoine Herman, du chapitre de Saint Pierre de Lille, à l'abbaye de Saint Nicaise à Reims qu'apparaît pour la première fois le nom de "Faches", plus précisément "Facis" qui signifierait "terre inculte".

Il ne fait aucun doute qu'au Xe siècle, Faches avait déjà atteint un certain développement puisqu'il possédait déjà un lieu de culte.

A cette époque, l'histoire locale prend de l'importance. Le seigneur de Faches devient le "Roi des Estimaux".

Le mot Thumesnil apparaîtra en 1184 dans le registre de Seclin, mais l'étymologie de ce mot reste difficile à définir.

Ce terme aurait été décomposé en 2 parties "Thu" et "Mesnil".

"Mesnil" aurait pour origine le mot "mansionite" en latin qui désignait une habitation entourée de terres. A cette époque, il y avait eu sans doute une première habitation unique, rejoint par un groupe d'habitations (exploitations agricoles) qui formeront par la suite, le groupe de demeures qui sera à l'origine du hameau.

"Thu" ce préfixe d'origine germanique aurait pour signification le mot "ferme".

(...)

Même si la halte des Chemins de fer (établie en 1846) porte déjà le nom de FACHES-THUMESNIL, la séparation du village de Faches et de son hameau Thumesnil va être requise par les habitants de Faches dans une lettre adressée au Maire le 22 janvier 1899.

(...)

En 1951, le Conseil Municipal du 28 juin approuva l'orthographe jusqu'alors incertaine de Faches-Thumesnil (sans accent circonflexe sur le "a").



Date de la dernière modification : 13 juin 2000
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