Jean-Baptiste
LAFRENIÈRE
(1874-1912)
pianiste..., compositeur

 

Jean-Baptiste LAFRENIÈRE naît au Québec (Canada), le 23 juin 1874, à 100 kilomètres à l'est de Montréal, près de Trois-Rivières, précisément à Maskinongé, lieu qu'il quittera cependant à l'âge de 4 ans.

Il est fils d'Antoine-Théophile LAFRENIÈRE et Cléophé-Zoé GIROUX, mariés le 21 septembre 1863 à Maskinongé, qui eurent 8 enfants. - Zoé GIROUX est elle-même fille d'Onésime GIROUX et de Zoé DUGAS, mariés en 1837; de patronyme acadien, Zoé DUGAS, devenue veuve, épousait au même endroit en 1848 Adolphe PIETTE dit TREMPE.

C'est à Montréal qu'on retrouve Jean-Baptiste avec sa famille en 1878, à l'âge de 4 ans, puis à Louiseville, en 1885, âgé de 11 ans.

Il fait son apprentissage musical (piano, orgue, solfège, violon, cornet) au cours de ses études secondaires au Collège Saint-Joseph de Berthierville (1887-1892), à l'âge de 13 à 18 ans.

Après une année d'étude à l'Université Laval, à Québec, dans une discipline qui ne lui convient pas, il entreprend sa carrière musicale en 1893, alors qu'il n'a que 18 ou 19 ans.


Il se fixe d'abord à Louiseville où il occupe les fonctions de directeur de l'Harmonie et d'organiste à l'église paroissiale, fonde un petit orchestre, compose ses premières oeuvres et donne des leçons de piano et de violon.

De 1895 à 1898, à l'âge de 21 à 23 ans, il est à Joliette. Quoique plus accaparantes, ses activités sont comparables à celles qu'il avait eues à Louiseville : tout en y donnant des leçons de musique (piano, violon, cornet, clarinette), il dirige l'Harmonie, est organiste et maître de chapelle à l'église Saint-Charles-Borromée (devenue en 1904 la Cathédrale de Joliette), fonde un petit orchestre et, succédant à Hector Beaudoin, dirige le choeur dit « La Société philharmonique Sainte-Cécile ».


En février 1898, à 23 ans, évincé de son poste d'organiste et de maître de chapelle, il se fixe désormais à Montréal, alors métropole du Canada.

En mars 1899, à l'âge de 24 ans, il est engagé comme pianiste dans l'orchestre du Café-Concert l'Eldorado.

L'application d'un ancien règlement municipal ayant entraîné en 1901 la fermeture des cafés-concerts, il réoriente sa carrière et entre au service du Théâtre National comme pianiste accompagnateur, puis au Théâtre français (aujourd'hui Le Métropolis).


C'est là, à l'âge de 26-27 ans, qu'il s'initie aux nouveaux styles musicaux, précurseurs du jazz, en provenance des États-Unis. Il aborde aussi d'autres genres à la mode : valse de salon, valse hésitation, valse-lanciers, mazurka, ouverture, marche, chanson, caprice.

Jean-Baptiste LAFRENIÈRE, pianiste professionnel sera, du Québec, le premier musicien connu pour avoir joué du ragtime à Montréal, à l'époque où ce nouveau style de musique atteint le sommet de sa popularité à New York et un peu partout.

Ses oeuvres sont publiées dans la revue Le Passe-Temps à l'exception de son Raggity-Rag (chez Delmar, de Montréal, une Maison d'édition fondée en 1907) et de sa valse Madelon (chez Dupuis Frères, le grand magazin montréalais).

En 1909, à l'âge de 34 ou 35 ans, il entre au service de Léo-Ernest Ouimet comme pianiste-accompagnateur de cinéma muet, au Ouimetoscope, première salle de cinéma ouverte à Montréal.

Il assure également l'accompagnement des chanteurs au Théâtre des Nouveautés.


Atteint de tuberculose en 1911, Jean-Baptiste LAFRENIÈRE vit alors pauvrement des revenus de la publication de ses oeuvres, avant de mourir le 4 janvier 1912 à l'âge de 37 ans, laissant une veuve, Victoria DANIS, épousée 8 ans auparavant, le 25 août 1903, et deux enfants, Jeannette et Madeleine LAFRENIÈRE, âgées de 6 et 7 ans.

 

L'épouse

Victoria DANIS était née le 3 février 1877 d'Antoine (- Dosithée) DANIS et d'Emma (- Cordélia) PROULX, qui s'étaient épousés le.27 juin 1871, à Ste-Genevieve [de Pierrefonds ? de Batiscan ? de Berthier ? ...] et qui donnèrent aussi naissance d'abord à Maximillien DANIS (le 12 novembre 1873) puis, après Victoria (en 1877), à Stella DANIS (le 13 décembre 1881) et à Horace DANIS (le 15 décembre 1883).

Victoria DANIS, qui avait 26 ans à son remariage, avait d'abord épousé, à l'âge de 18 ans, Wilfrid LANGLOIS le 28 octobre 1895.

Victoria DANIS est probablement décédée peu après et probablement du même mal et, semble-t-il, hors de Montréal car elle ne fut pas enterrée auprès de Jean-Baptiste LAFRENIÈRE, son défunt époux.

 

Les enfants

Victoria et Jean-Baptiste avaient eu 3 enfants :
Jeannette LAFRENIÈRE (en 1904), Madeleine LAFRENIÈRE (le 30 mai 1905 à Valleyfield), puis Denis LAFRENIÈRE (hélas décédé à 18 mois).

Leurs 2 orphelines furent aussitôt prises en charge par le chirurgien Jules Joseph HAMELIN et son épouse, Stella DANIS, leur tante maternelle, à North Battleford, en Saskatchewan. Ce médecin, fils d'Olivier HAMELIN et d'Éléonore MARTIN, Stella DANIS l'avait épousé le 5 mai 1908 à Salaberry-de-Valleyfield.

Nous remercions, pour ces précisions, Patti LUCAS, une descendante, et André DANIS.



Les oeuvres de Jean-Baptiste Lafrenière

 

Du ragtime, two-step (avec date de publication)

Parmi ses quelque 50 oeuvres, Jean-Baptiste LAFRENIÈRE nous laisse notamment des pièces de "ragtime" et de "two-step" :

  1. Hip! Hip! Hourra! (two-step, 1907)
  2. Raggity-Rag (two-step, 1907) :
    pièce la mieux connue, éditée chez Delmar, rééditée dans "The Ragtimer" (vol. VI no 2, 1967),
    interprétée sur le CD "Old Rags New Rags"
  3. Sillyâss (two-Step, 1907) *
  4. Ben (two-step pour orchestre, 1911)
  5. Balloon Rag (two-step pour piano, 1911) *
  6. Taxi Rag (two-step, 1911) *
  7. John Chow Chow Rag (rag two-step, 1912) *

 

Le Ragtime est la musique sur laquelle Dieu danse
quand personne ne le regarde !
- Alessandro Baricco

 

D'un mot anglais "ragged" (heurté, haché, désordonné) et d'origine américaino-africaine, le ragtime est un des genres musicaux, essentiellement pianistique et syncopé, précurseurs du swing et du jazz, dansant mais influencé par « la musique de salon » de l'époque : marches (musiques de fanfares), polonaises, polkas, quadrilles, ...

 

Grâce au cinéma

Enjoué, dansant mais pas trop déchaîné, le ragtime remonte aux années 1890 et sera d'abord populaire jusqu'à la fin des années 1910, puis connaîtra des regains de popularité périodiquement, grâce au cinéma, surtout par des films tels que :

  • des films muets mais sonorisés pour souligner le rythme des scènes - ainsi, dans :
    « Les lumières de la ville » - Citylight (1931) de Charlot [Charles Spencer CHAPLIN],
    « Les temps modernes » - Modern Times (1936) de Charlot;
  •    Popeye (1929+), Betty Boop (1930+) et... Mickey Mouse (1928+) et autres dessins animés;
  • « Borsalino » (1970) de Jacques DERAY;
  • « Boulevard du rhum » (1971) de Robert ENRICO;
  • « L'Arnaque » ou (en version originale) "The Sting" (1974) de George Roy HILL;
  • « Pretty Baby » (1978) de Louis MALLE;
  • « Ragtime » (1983) de Milos FORMAN;
  • « La Gloire de mon père, Le château de ma mère » (1990) de Yves ROBERT;
  • ...

 

Les valses de notre « Strauss national » (avec date de publication)

Jean-Baptiste LAFRENIÈRE fut tôt surnommé « Le Strauss national » pour ses valses (valse de salon, valse hésitation, valse-lanciers, etc.) :

  1. Margo (valse brillante, 1900)
  2. Yvette (valse, 1901)
  3. Valse-lanciers (pour piano, 1903)
  4. Victo (mazurka, 1904) *
  5. Valse-lanciers sur des airs d'opéra (1905)
  6. Valse miroir (1907) *
  7. Madelon (valse, 1907; éditée chez Dupuis Frères, le grand magazin montréalais)
  8. 1909 Waltz-Lancers (1909)
  9. Jannôt (valse, 1911) *
  10. National (valse-lanciers, 1911) *
  11. Patria (grande valse pour piano, 1911)
  12. Fleurs de Neige (valse, 1912)
  13. Aeroplane Waltz (1912) *
  14. Jeannette (valse, 1912)
  15. S'VON (valse élégante, 1912) *
  16. The Bohemian Lager Waltz (1919 - parution posthume)

Les gavottes (avec date de publication)

  1. Charmeuse (gavotte,1907)
  2. Railleuse (gavotte, 1914 - parution posthume) *

Les autres danses (avec date de publication)

  1. À la Québécoise (danse pour piano,1908) *
  2. Mario (danse caractéristique, 1914 - parution posthume)

Les mélodies ou chansons (avec date de publication)

  1. Ma douce amie (chanson, 1902)
  2. Le Réveil de bébé (chanson, 1903)
  3. When the Bells Chime (chanson, 1905)
  4. Les Nids (chanson, 1908)
  5. Allons cueillir des fraises (chanson, 1909)
  6. Cruelle (romance, 1910)
  7. La chanson de la grive (chanson-valse, 1911)
  8. Le Petit Misère (histoire triste, 1911)
  9. Cloches, Sonnez ! (1911)
  10. Salut-à-Toi, Nouvelle Année ! (chanson, 1911)

Les marches (avec date de publication)

  1. Alfred March (1895 - oeuvre perdue)
  2. L'Étoile du Nord (morceau de fanfare, 1896 - oeuvre perdue)
  3. Notre chef (marche pour piano, 1899)
  4. Le Couronnement (marche pour piano, 1902)
  5. Marche Nationale (1904) *
  6. La Marche des Travailleurs (marche pour piano, 1927 - parution posthume)

Les ouvertures

  1. Thomas (ouverture pour orchestre, composée en 1907 - non publiée)
  2. ...

Les capriccios (avec date de publication)

  1. Les Cascades (caprice brillant, 1899) *
  2. Adriano (caprice, 1901)

Les oeuvres sacrées

  1. Messe de Noël (1894 - oeuvre perdue)
  2. Pace Domine (1897 - oeuvre perdue)
  3. Ecce Fidelis (1897 - oeuvre perdue)
  4. Tantum Ergo (1897 - oeuvre perdue)


PARTITIONS (ré-édition)

On trouve maintenant, en ré-édition, les partitions de plusieurs oeuvres de Jean-Baptiste LAFRENIÈRE, aux Éditions du NTM, telles que :

  • Rags & Two-Steps (24 pages) :
    • 1 - Hip! Hip! Hourra!
    • 2 - Raggity Rag
    • 3 - Sillyíss
    • 4 - John Chow Chow
    • 5 - Balloon Rag
  • Valse-Miroir (8 pages)
  • Jannôt-Valse (8 pages)


Références


Merci à Clément PLANTE pour nous avoir autorisé à publier ici des résultats de ses recherches.


Voir aussi nos autres sites dédiés à un compositeur :   da-go.com/musique

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Date de dernière modification : 31 août 2011.

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