Ce site, à but non lucratif, est tout entier dédié à la bonne mémoire d'André MATHIEU.
Les participants à la réalisation progressive de projet, tous volontaires bénévoles, désirent
mieux le connaître et le faire connaître, pour apprécier et faire apprécier ses oeuvres musicales.
Et ce, sans romance, mais en recherchant et relatant les faits réels et leur contexte, avec précision, clarté, esprit critique.

 

André MATHIEU
(1929-1968)

pianiste virtuose
et compositeur
très précoce
dit « génial »

Son enfance prodigieuse

Né à Montréal (Québec, Canada) le 18 février 1929,
seul fils et premier-né (il aura une soeur, Camille, en 1931)
d'un père pianiste, formateur musical, écrivain, compositeur (debussyste), Rodolphe MATHIEU (1890-1962), et d'une mère violoniste, Wilhelmine « Mimi » GAGNON (1910-1976),
René André Rodolphe MATHIEU accomplit durant sa jeunesse des exploits musicaux, dont :

  • dès l'âge de 3 ans (en 1932)
    il manifeste un grand intérêt et beaucoup de talent pour le piano et pour la composition musicale;
    il exécute sa première composition (au piano) : Les petits canards;
    si bien que son père doit consentir, à sa demande instante et devant cette grande capacité démontrée, à devenir, dès lors, son premier professeur de piano;
     
  • à l'âge de 4 ans (en 1933),
    il compose pour piano d'autres oeuvres descriptives : Trois études (sur les Blanches, sur les Noires et Blanches, sur les Noires - op. 1, 3, 4), Les Gros chars (i.e. les trains, par opposition aux tramways; op. 2);
     
  • à l'âge de 5 ans (en 1934),
    il compose pour piano : Procession d'éléphants (op.5), Marche funèbre (op. 7), Danse sauvage (op. 8), Les cloches (op. 9), Tristesse (op. 11), Dans la nuit (op. 12), Valse pour enfant (op. 14), Les Abeilles piquantes (op.17), La Libellule;
     
  • à l'âge de 6 ans (le 25 février 1935),
    il donne à Montréal (à l'hôtel Ritz-Carlton) un récital public de ses oeuvres, qui fait sensation;
     
  • à l'âge de 7 ans (au début de 1936),
    il est pianiste soliste de son Concertino no 1 accompagné d'un orchestre que dirige Jean-Josaphat Gagnier (1885-1949), au Réseau de la Commission canadienne de la radiodiffusion (la CCR), qui deviendra (en cette même année1936) la Société Radio-Canada (SRC);
     
    ensuite boursier du gouvernement du Québec (en septembre 1936), il se rend à Paris pour étudier le piano avec Yves NAT (1890-1956) et Madame GIRAUD - LATARSE, première assistante d'Alfred CORTOT (1877-1962), ainsi que l'harmonie et la composition avec Jacques de la PRESLE (1888-1969);
     
    puis (en décembre 1936),
    il donne à Paris (à la salle Chopin-Pleyel, 450 places) un récital de (surtout) ses oeuvres, qui suscite l'enthousiasme de la critique parisienne pour ce « petit Mozart canadien »;
     
  • à l'âge de 8 ou 9 ans (en 1937-1938),
    il compose Berceuse - Les mouettes (op. 19),
    Hommage à Mozart enfant - opus 20;
     
  • à l'âge de 10 ans (le 26 mars 1939),
    il joue encore de ses oeuvres à Paris (mais cette fois à la salle Gaveau, 450 places),
    inspirant ces mots au critique Émile VUILLERMOZ (1878-1960), alors admiratif :
    « Si le mot génie a un sens,
       c'est ici que nous pourrons
       le déchiffrer. »

     
    « J'ignore si le petit André Mathieu
       deviendra un grand musicien
       comme MOZART (1756-1791),
       mais j'affirme qu'au même âge,
       Mozart n'avait encore rien écrit
       de comparable. »
     
    Émile VUILLERMOZ, « Le Mozart canadien »,
    Excelsior (Paris, 27 mars 1939) - extraits

     
    revenu à Montréal (à l'été 1939) pour des vacances,
    il est contraint par la guerre à rester en Amérique;
    alors (de l'été 1939 à l'hiver 1940)
    il donne une série de récitals au Canada : cinq récitals à Montréal, trois à Québec et un concert avec la Symphonie Lasalle d'Ottawa;
     
    puis (le 3 février 1940),
    il fait des débuts remarquables à New York (au Town Hall);
     
  • à l'âge de 10 ou 11 ans (en 1939-1940),
    il compose Été canadien, et Printemps canadien;
     
  • à l'âge de 11 ans, (en 1940),
    il poursuit des études en composition (auprès du maître Harold Morris) à New York,
    où sa famille s'établit pour la circonstance;
     
    il y remplit aussi de nombreux engagements au concert et à la radio;
     
  • à l'âge de 12 ans (en 1941),
    il crée à Montréal son Concertino no 2 avec l'Orchestre des Concerts symphoniques de Montréal (cet Orchestre des CSM, qui à partir de 1953 sera nommé l'OSM : l'Orchestre symphonique de Montréal);
     
    la même année
    et pour cette même oeuvre,
    il remporte le premier prix (200 $ d'alors) d'un concours pour jeunes compositeurs, organisé par l'Orchestre philharmonique de New York (le NYPO), qui fête son centenaire;
    le réputé compositeur Sergueï RACHMANINOV (1873-1943), 68 ans, se lève, fier, en disant à André MATHIEU :
    « Vous êtes le seul
       pouvant avoir la prétention
       d'être mon successeur. »

  • à l'âge de 13 ans (en 1942),
    il compose son Concerto de Québec;
  • ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Son passage à l'âge adulte

  • à l'âge de 17 ans (à l'automne 1946)
    André MATHIEU se rend... seul... à Paris,
    pour y étudier la composition
    auprès d'Arthur HONEGGER (1892-1955)
    et le piano auprès de Jules GENTIL (?-?);
     
  • à l'âge de 18 ans (en 1947),
    il revient à Montréal, car il se sentait malheureux à Paris;
     
  • à l'âge de 17 ou 18 ans (en 1946-1947),
    il compose Bagatelle no 1, Bagatelle no 4,
    Bagatelle (sans no d'opus), Laurentienne no 2;
     
  • à l'âge de 22 à 24 ans (en 1951-1953),
    il compose
    Prélude romantique, Danse pastorale;
     
  • André Mathieu a aussi composé des mélodies, dont sur des poèmes de Verlaine; ainsi :
    Le ciel est si bleu,
    Il pleure dans mon coeur,
    Colloque sentimental,
    Les chères mains,
    Si tu crois...,
    Oh! mon bel amour;
     
  •  
     .
     
     .
     
     .

     
      
  • à l'âge de 39 ans (le 2 juin 1968)
    André MATHIEU décède subitement, à Montréal.
    Sans postérité.

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Les honneurs posthumes

Dans plusieurs endroits du Québec (Boucherville, Joliette, Laval, Mirabel, Montréal, Mont-Saint-Hilaire, etc.), sa mémoire est maintenant honorée
- voir, en particulier, ce que révèle le site de la Commission de toponymie du Québec sur le toponyme André-Mathieu.

Documents de première source

Fonds de la famille Mathieu
(ca 1880-1986) [surtout (1920-1960)] 
- 2,38 m de documents textuels
- 672 photographies
- 34 négatifs
- 1 ferrotype
- 8 dessins
 
Instrument de recherche :
par Stéphane JEAN,
Le Fonds de la famille Mathieu, ISBN 0-662-81732-X
répertoire (en format pdf).
Bibliothèque nationale du Canada, Ottawa. 1997. 84 pages.
- Aussi accessible (en format pdf ou rtf) par la fonction «Recherche» sur ce site de la BAC.

Autres documents

  • André Mathieu, musicien :
    film documentaire (79 min 28 s), de l'ONF, réalisé en 1993 par Jean-Claude LABRECQUE
    - Critique : Intéressant, tout au moins pour les images et pour les bout de films d'époque.
     
  • De Gilles POTVIN,
    l'article sur André MATHIEU, « Mathieu, (René) André (Rodolphe) »,
    dans L'encyclopédie de la musique au Canada (EMC), que contient L'Encyclopédie canadienne 2005 de la Fondation Historica du Canada (thecanadianencyclopedia.com).
    - Critique : voilà une excellente synthèse !
    Les articles dans cette excellente publication sont en général le fruit d'une très bonne recherche.
    Le regretté Gilles Potvin (1923-2000), l'auteur de l'article et co-directeur de l'EMC, est un critique très qualifié qui, de plus, connaît très bien la famille MATHIEU, pour notamment avoir suivi du père d'André MATHIEU (vers 1947) des cours d'analyse musicale et pour avoir auparavant (en 1944-45), comme impresario, présenté une tournée d'André MATHIEU au Québec !
     
  • De Joseph RUDEL-TESSIER (1913-1989), le livre André Mathieu, un génie, Montréal, Éditions Héritage, 1976. 364 p. illustré, 25 cm [Dewey 786.1/0924; LC : ML410.M426R8]
    - Critique : Valait le coup d'oeil pour les photos. Mais, le texte, n'est pas neutre, qui recourt à la romance et aux sornettes !
    Un ouvrage vite fait, pour parution rapide à l'occasion des Jeux Olympiques de Montréal, à l'été 1976, pour lesquels le COJO ayant finalement décidé que la musique officielle (d'ouverture et de fermeture des Jeux) sera essentiellement tirée de l'oeuvre d'André MATHIEU. Le texte de cette publication s'avère un ramassis larmoyant d'un auteur alors bien connu ici, du domaine journalistique québécois... mais pour des journaux plutôt "à sensation", tel Photo-Journal, où il faisait vers 1967 des critiques de représentaions théâtrales. L'auteur avait d'ailleurs d'autres projets plus personnels à l'époque, car il publiait aussi en cette même année 1976 un petit roman ( autobiographique ? ) de 154 pages 18 cm, chez les mêmes Éditions Héritage, dans la collection "Montréal mystère" : « Julien Noir fait ce qu'il peut » !
     
  • De Georges NICHOLSON,
    André MATHIEU, biographie, Montréal, Les Éditions Québec Amérique, 2010 (première édition), 593 pages, avec références, Annexes et Index; inséré, cahier de photos; ISBN 978-2-7644-0753-0
    - Critique : par Christophe HUSS, Le vrai André Mathieu, dans Le Devoir, le 8 mai 2010;
     
  • La musique en feuille, pour voix et piano ou pour piano, de plusieurs oeuvres d'André MATHIEU, dans leur version d'origine, vérifiée par d'excellents musiciens (sans altération, sans en faire des variations), est disponible aux Éditions du NTM.
     
  • De Paule DOYON, un conte pour petits et grands, publié gracieusement sur l'Internet (décembre 2006) : André Mathieu, Le petit garçon qui racontait des histoires à son piano (!) - Merci à H.B. pour cette indication.

Voir aussi nos autres sites dédiés à un compositeur :   da-go.com/musique

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Date de dernière modification : 12 octobre 2010

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